Bill, Dangereuse innocence de Chris Loseus

En poussant la porte du 4671 Delafeld Avenue, Bill Wendal ne sait pas vraiment ce qu’il va faire.

Il n’a que cette rage qui brûle dans ses entrailles.

Cette colère qui le consume et lui donne une force herculéenne pour lui faire franchir le pas de la porte.

La vie est curieuse tout de même.

S’il n’avait pas regardé les informations, s’il ne les avait pas vus parader devant les caméras, ses souvenirs seraient restés enfermés, emprisonnés.

Ses souvenirs d’enfance dans les Hamptons confinés au tréfonds de son cerveau.

Et là, bam, les bourreaux surgissent à la une du journal télévisé.

Il avait oublié, et, tout d’un coup, en voyant leurs têtes de premiers communiants, tout est revenu.

Comme une porte qui s’ouvre à la volée, sur un coup de vent.

Il a tout revu d’un coup.

Comment a-t-il pu oublier ce qu’ils lui ont fait subir ?

Cette vie pourrie qu’il traîne comme un fardeau depuis des années, c’est à eux qu’il la doit.

L’âne enflé va se déchaîner !

Quand il referme la porte de la maison, c’est aussi la première fois de sa vie qu’il décide de rendre les coups.

Qu’importe, ce qui arrivera par la suite. Qu’importent les moyens utilisés, ils doivent ressentir.

Il veut qu’ils comprennent et qu’ils paient ce qu’ils lui ont fait subir.

Il va commencer par Steve Halligan,

Celui-là, c’est l’avocat des voyous en tous genres.

Brillant dans sa partie, il est probablement l’avocat le plus doué de sa génération.

Il défend les plus grandes crapules et arrive à les sortir d’affaire.

Un peu comme lui quoi !

Il y arrive toujours, qu’importe le crime, qu’importent les preuves, il trouve la faille pour discréditer les témoins ou la police.

À trente-trois ans, il a été nommé associé du cabinet le plus coté de la ville.

Il a une femme superbe, un enfant magnifique et un autre en route.

Il y est arrivé en travaillant comme un dingue, sans compter ses heures.

Il a toujours voulu faire ce métier et il s’en est donné les moyens.

L’éthique, il s’en fout, il veut gagner et être le meilleur.

Seulement aujourd’hui, il est dans la mouise.

Mickael Perry, son vieux pote d’enfance, l’a piégé en le nommant dans la presse et les autres médias.

Il s’est mis dans une affaire sordide et se retrouve à devoir appeler le meilleur avocat de la ville pour le sortir de là et le meilleur, c’est lui.

Mickael Perry, le pire de tous.

Lui est allé encore plus haut. S’il évite ce coup du sort, il sera le prochain président des États-Unis d’Amérique.

Tout le monde l’aime, tout le monde l’admire.

Il fait partie de ces personnes qui ont cette capacité de prendre toute la lumière quand ils arrivent quelque part.

Le peuple l’a déjà élu ou presque. Sauf que là, il est allé trop loin.

Le dossier est en béton armé.

Malgré tout, ce n’est pas cela qui fait hésiter Steve.

Il connaît Mickael Perry !

Enfin, le vrai, pas celui qu’il montre à tout le monde.

Il sait ce que très peu de gens savent.

Certains peuvent être violents, amoraux, voire dangereux, Mickael, lui, est un tordu complet.

C’est un malade mental qui n’a jamais été stoppé.

Son cerveau ne fonctionne pas comme tout le monde.

Parfois, il se déconnecte et laisse le monstre parler. Il n’a aucune limite.

Steve s’en est écarté pour cette raison.

Il sait que la décision qu’il va devoir prendre va engager toute sa vie professionnelle et bouleverser son futur.

Il rentre chez lui pour voir sa femme et son enfant, pour faire retomber la pression.

Dès qu’il franchit la porte du 4671 Delafeld Avenue, il devine que quelque chose ne va pas.

Avis du traqueur :

Un grand merci aux Éditions Eaux Troubles pour m’avoir envoyé ce roman.

D’abord, parce que peu le fond, mais aussi un vrai merci pour les auteurs qu’elles dégotent.

C’est le second roman de Chris Loseus que je lis. Je l’ai découvert avec Le voyage de Madison qui m’avait beaucoup surpris et la rebelote.

L’auteur aime étonner et sur ce coup-là, il nous prend à la gorge dès les premières pages.

Je préviens aussi, attention, âmes sensibles s’abstenir. On entre dans un huis clos incroyable, mais aussi dans l’extrême violence.

Au début du livre, j’ai eu un peu de mal à comprendre vers quoi l’auteur voulait nous entraîner.

Et puis d’un coup, je me suis retrouvé à tourner les pages.

J’étais en train de suivre l’évolution des personnages et des différentes histoires que l’on découvre au fur et à mesure.

L’auteur aborde de nombreux sujets, comme les sévices, les abus et les conséquences que cela peut avoir sur les gens à l’instant et plus tard.

Au départ, on a un homme qui, suite à une émission télévisée, est brusquement ramené dans son enfance.

Il revoit chaque sévice et ses bourreaux qui ont le même âge que lui.

Ils ont une douzaine d’années et lui font vivre un enfer.

On aborbe un sujet tabou.

Certes, on parle des victimes de harcèlement, mais, moins des harceleurs qui souvent ont le même âge.

Comment punir un enfant de douze ans qui a brutalisé un autre enfant ?

Bien sûr, il a le psychologue, voir la psychiatrie, mais est-ce vraiment suffisant ?

Rien n’assure que celui qui harcèle va s’arrêter.

On n’a aucun mal à imaginer un adulte commettant des atrocités envers un autre adulte ou envers des enfants.

Imaginer un enfant faire pareil est beaucoup plus difficile et surtout beaucoup plus terrifiant.

Les maladies mentales restent les mêmes et les conséquences sont toutes aussi terribles.

Dans ce roman, c’est un groupe d’enfants qui s’en prend à un autre enfant en lui faisant vivre le martyre.

Une meute qui se déchaîne et un leader qui va plus loin juste parce qu’il le peut.

Est-ce qu’ils sont responsables de ce que leur victime fera plus tard ?

Pas nécessairement !

Est-ce qu’ils pourront être dédouanés pour autant ?

Ma réponse est non !

Chaque action entraîne une réaction. Toute violence entraîne des conséquences.

Être victime pendant des années sans que personne n’agisse peut faire basculer la proie en bourreau.

Ce n’est pas obligatoire, mais ce n’est pas exclu.

Un enfant qui s’est comporté en bourreau et qui n’a jamais été puni va continuer en grandissant.

En devenant adulte, il va juste être pire.

Chris Loseus nous parle aussi de la capacité du cerveau à enfermer des souvenirs dérangeants.

Ces dernières années ont porté sur le devant de la scène des victimes, qui, brusquement se sont souvenues de sévices arrivés vingt ans plus tôt.

Quelque chose se passe et tout ressurgit d’un coup.

Des lois ont été votées pour repousser les délais de prescription afin de poursuivre des bourreaux qui n’ont jamais été punis leurs actions.

Des prédateurs jamais punis ou arrêtés restent des prédateurs.

La vraie question est surtout : peut-on être prédateur à dix ans ?

Quand on découvre un enfant présentant cette personnalité et ces déviances, qu’en faire.

Un roman qui prend très vite aux tripes et nous oblige à nous poser de nombreuses questions.

Un roman à dévorer comme des chouquettes.

Bill, Dangereuse innocence de Chris Loseus Éditions Eaux Troubles

Pour vous procurer ce livre:https://amzn.to/2pTOxcp

Du même auteur

Pour aider le blog, partagez si vous avez aimé, je répondrais à toutes vos questions.

ABONNEZ-VOUS c’est gratis et surtout MANGEZ DES CHOUQUETTES

https://www.youtube.com/channel/UCYvEI2kBdGyJFANo9f3Ai3Q

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X