La fille du Roi des marais de Karen Dionne

Coup de ♥♥♥♥♥ du traqueur

Helena est une femme heureuse.

Elle a réussi, avec ses tripes et tout ce qu’elle avait en stock, à arracher à la vie ce qu’elle désirait.

Un mari qui l’aime, malgré ses particularités, deux petites filles, Iris et Sou, qu’elle aime tendrement et un travail qui convient à sa personnalité, tout en l’occupant.

Alors qu’elle roule en voiture avec l’une de ses filles, elle écoute la radio et apprend la nouvelle.

Son monde vient d’exploser.

Jacob Holbrook s’est échappé de prison en tuant deux gardes.

Déjà, le journaliste égrène le pedigree de compétition du prisonnier afin que tous mesurent la dangerosité du criminel.

À l’instant, le corps d’Helena est en train de trembler.

Tout lui revient, tout ce qu’elle a vécu comme si chaque centimètre de sa peau était passé au papier abrasif.

Ses muscles semblent à vif.

Elle est obligée de s’arrêter sur le bas-côté pour mesurer la portée de l’événement.

« Le roi des marais s’est échappé »

Il la veut elle !

Elle se pensait à l’abri, mais mesure désormais son erreur.

Alors qu’elle a tout, il veut tout lui reprendre, tout détruire et la châtier.

Helena n’a aucun doute sur les raisons qui l’ont poussé à l’évasion.

Il la juge responsable de leur éviction de l’Éden qu’il avait créé pour elle.

Helena n’est pas une mère de famille comme les autres.

Elle détient un lourd secret.

Sa conception est une folie, tout comme son enfance.

Sa mère fut kidnappée adolescente et retenue prisonnière dans une cabane cachée au fond des marais du Michigan.

Coupée de tous, elle a grandi dans un monde sans électricité, chauffage ni eau courante.

Elle est née d’un viol, deux ans après le kidnapping de sa mère.

Cette enfance de sauvageonne lui a plu.

Elle aimait sans mesure ce père rustre et parfois brutal, jusqu’à ce qu’elle découvre toute sa monstruosité et son sadisme.

Dans l’Éden, tous deux suivaient la piste du gibier et cueillaient des baies rares et savoureuses en prenant garde de ne pas prendre celles qui rendent malade ou pire encore.

Il lui a fallu vingt ans pour avoir la vie qu’elle a aujourd’hui.

Pour cela, elle a décidé d’occulter certains souvenirs justes pour pouvoir trouver sa place dans ce nouveau monde et tenter d’avoir une vie normale.

Son mari ignore même tout de son passé, en même temps comment lui expliquer cette folie.

Son père s’est enfoncé dans les marais.

Une zone qu’il connaît mieux que quiconque pour y avoir vécu.

Il connaît chaque chemin, chaque passe, chaque coulée, le moindre recoin lui est familier.

Helena sait que toute la police réunie n’a aucune chance de l’arrêter.

Jacob l’a formé, elle est la seule personne capable de le retrouver.

La presse l’a surnommé Le Roi des Marais et elle est sa fille.

Le monde sauvage, qui se trouve dans le marais du Michigan, elle connaît bien.

Elle y a vécu pendant 12 ans, avec sa mère, sous la coupe de son père.

Le passé a fini par la rattraper.

La chasse à l’homme ne peut être menée que par elle “La fille du roi des marais”.

Une revanche sur l’homme pour lui prouver que les leçons ont été bien retenues.

QUE LA TRAQUE COMMENCE !

Avis du traqueur :

Ce roman est librement adapté d’un conte d’Andersen, la fille du roi de la vase.

L’auteur, dissémine, comme le petit Poucet, de courts extraits du compte, tout au long de la lecture.

La fin donne toute sa force aux extraits.

Helena est la narratrice, elle raconte son histoire, pas celle de sa mère.

Le livre est une alternance du passé et du présent.

En même temps, qu’elle traque son père, nous nous retrouvons plongés dans le passé.

Nous découvrons cette enfance complètement dingue.

Tout en partant sur les traces de ce père monstrueux, elle se replonge dans son passé, car c’est de cela dont elle va avoir besoin pour le traquer et le tuer.

En même temps, une partie de ce qu’elle était dans ces marais est resté.

Plusieurs fois par an, elle s’enfonce dans les bois pour cueillir des racines et des baies qu’elle met dans ses confitures.

Elle a appris de lui et s’est développée avec les années.

Elle ne craint plus ce père charismatique et sadique à la fois.

Déjà, mettre ses proches à l’abri.

Elle va devoir le battre sur leur terrain de jeux.

Il ne lui a jamais pardonné cette rébellion.

Helena n’a pas vécu les 12 ans de sa vie comme un enfer.

Certes, parfois, son père la punissait, mais toujours à raison.

Elle avait fait des erreurs !

Pour elle, il était juste.

Le livre frappe par sa dureté, mais aussi ces petits moments de bonheur racontés par Helena.

Les récits de son enfance avec ses règles aberrantes et effrayantes lui semblaient naturels.

Elle vit son enfance dans une bulle d’insouciance ne mesurant pas le drame.

Son père est son héros, elle aime et respecte cette dureté.

Les liens avec sa mère sont quasi inexistants.

Son père l’a placé au centre de tout.

Elle a appris à lire et à connaître le monde grâce aux revues du “National Geographic” laissées par les anciens propriétaires.

L’auteur arrive parfaitement à nous plonger dans l’ambiance d’une nature hostile.

Une vie sans confort dans lequel Helena a grandi de manière qui lui semble naturelle.

On découvre comment il l’initie à la survie, les rencontres animales, la chasse et la pêche.

Jacob lui inculque sa culture et les croyances des Ojibwés.

Ce sont des Amérindiens, qui forment le troisième groupe autochtone le plus important aux États-Unis.

Helena a 12 ans quand elle est confrontée au choc de la « civilisation ».

La rencontre est accidentelle et provoque la chute de son monde et la découverte d’une nouvelle famille avec de nouvelles règles.

Elle comprend qu’elle va devoir tout apprendre pour se forger une nouvelle vie.

Certaines scènes m’ont littéralement tétanisé tant par leurs cruautés. Ce même père, était aussi capable d’élans de tendresse.

Par sa narration, l’auteur nous permet de mieux saisir la manière dont des hommes peuvent déformer et altérer la vision et le comportement d’un individu.

Si un enfant n’a qu’un avis et pas d’autres, il n’a aucun moyen de se créer son libre-arbitre.

Pour ça, il faut des repères différents des débats, d’autres avis et d’autres référents.

Là, il y en a un, il est despotique et sadique à la fois.

Il impose ses propres règles et l’oblige à suivre les mêmes traces.

On la voit grandir, évoluer et pour finir, s’affranchir.

Un enfant n’apprend que de ses parents qui lui transmettent les règles de vie, mais au final, l’enfant apprend aussi de ses interdits.

Il franchit les frontières imposées et découvre ce qui arrive.

Confronter à ce qu’il voit, il réagit et apprend.

Bien sûr, l’histoire est poussée au son paroxysme, pourtant le principe reste le même.

Une seule manière de vivre en créant une peur irraisonnée de tout ce qui se trouve à l’extérieur.

Une autorité surpuissante qui terrorise et rassure à la fois, tout est fait pour une autocratie absolue.

Respirez un bon coup et lancez-vous dans cette lecture, hors normes, qui va vous secouer.

Coup de ♥♥♥♥♥ du traqueur

La fille du Roi des marais de Karen Dionne Éditions livres de poche

 

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