À vif de René Manzor

Coup de ♥♥♥♥♥ du traqueur

Situé en Occitanie, le petit village de Gévaugnac borde la forêt.

La nuit semble calme, pleine de silence, une nuit comme tant d’autres.

Dans la maison de la famille des Guinet, tout le monde, semble dormir profondément.

Enfin, presque…

04 h 45

La chambre de Maylis est vide. Son lit est défait.

La jeune fille de treize ans vient de quitter la maison.

Avec ses certitudes et cette insouciance d’adolescente, elle quitte le cocon familial et s’enfonce dans la nuit sans trop se poser de question.

Excitée par ce qu’elle va trouver, elle prend sa trottinette rose et la pousse dans la nuit.

Au même moment, Arthur, son petit frère de neuf ans, se réveille en sursaut.

Il essaie de comprendre ce qui l’a fait sortir de son sommeil.

Il entend du bruit dehors, se précipite à la fenêtre de sa chambre où il voit sa grande sœur en train de quitter la maison.

Sans réfléchir, il enfile un pantalon, un haut de survêtement et la suit en silence afin de ne pas réveiller ses parents.

Sa grande sœur est têtue comme une mule, mais il ne veut pas qu’elle ait des problèmes avec leurs parents.

05 h 10

Maylis est sur place et elle est furieuse.

Elle est à l’heure au point de rendez-vous, mais celui qu’elle attend est en retard.

Ses oreillettes sont greffées à ses oreilles.

Le volume est poussé à fond et diffuse du Hip Hop la coupant du reste du monde.

Elle ne l’entend pas arriver.

Soudain, deux mains l’agrippent.

L’une d’elles écrase un chiffon plein de chloroforme sur son visage.

Comprenant ce qui se passe, Maylis se débat comme une lionne, mais son agresseur est bien plus fort.

Il prend le dessus.

Déjà, le chloroforme fait son effet.

Les gestes de Maylis sont plus lents.

Ses jambes ne la soutiennent plus.

Ses forces l’abandonnent.

Malgré tout, elle reste consciente tout en étant incapable d’opposer de vraies résistances.

Son kidnappeur l’entraîne à travers la forêt.

Avec l’énergie du désespoir, elle essaie par tous les moyens de ralentir son avancée.

Rien n’y fait !

Elle se trouve projetée sur un lit de branchage.

L’homme lui attache les bras et les jambes avec des menottes.

Elle est en X, à la merci de son tortionnaire.

Quand elle le voit s’approcher avec des jerricans dont l’odeur écœurante lui révèle ce qu’ils contiennent, elle comprend.

Alors, malgré son bâillon qui coupe tout son, elle se met à hurler.

Quelques heures, plus tard, on découvre la jeune fille brûlée sur un bûcher.

Julie Fraysse, la capitaine du SRPJ de Toulouse, doit repousser ses vacances.

Et pire, son supérieur lui a ordonné d’aller voir celui qu’elle a remplacé.

Encore un drôle de zèbre celui-là !

Novak Marrec, un flic intelligent, mais qui a littéralement pété les plombs lors de sa dernière enquête.

Il travaillait sur des meurtres de jeunes filles attribués à un mystérieux « Immoleur ».

Lors d’un interrogatoire un peu musclé, il a disjoncté.

La mort de la jeune fille est très similaire aux autres meurtres d’où sa présence en ces lieux plutôt flippants.

Pendant qu’elle passe les portes de l’hôpital psychiatrique, elle observe, dans le jardin, des individus qui la fixent pendant que d’autres hagards marchent et parlent tous seuls.

La police n’a rien, alors, on cherche partout.

Dans ce genre de crime, on traque le moindre indice ou information qui pourrait donner une indication.

Depuis qu’ il n’exerce plus, Novak Marrec tente de récupérer sa vie.

Il est hébergé dans l’hôpital psychiatrique à sa demande.

Dans une autre vie, c’était un flic brillant, cultivé, mais, pas très partageur.

Tant dans la discussion que dans sa vie, il n’éprouvait pas le besoin de vivre en meute.

Un moujik !

Atteint de troubles obsessionnels délirants : par moments, son cerveau lui crée de fausses certitudes, qu’il n’arrive pas à distinguer de la réalité.

Il avait pourtant réussi à gérer ses problèmes jusqu’au moment où il s’est laissé submerger.

C’est la dernière enquête qui l’a fait sortir de ses rails.

Dès qu’il apprend la mort de la jeune fille, il est persuadé que l’Immoleur est de retour.

Avec Julie Fraysse, Novak Marrec se lance dans l’enquête à corps perdu.

D’autres corps de jeunes filles sont retrouvés brûlés sur un bûcher.

Même mode opératoire, même tragédie et pas l’ombre d’un indice.

La police est sur les nerfs et la population alentour commence à gronder.

Marrec se rend responsable des dernières morts faute d’avoir pu arrêter le tueur.

Comment découvrir la vérité quand votre propre esprit joue contre vous ?

Alors que l’enquête patine, Marrec semble entrevoir un début d’explication.

Quand il s’en ouvre à ses collègues, on le rejette, on le raille.

On lui rappelle que s’il séjourne dans un hôpital psychiatrique, il y a probablement une raison.

En même temps, ce qu’il propose semble relever de la pure folie.

Parfois, le fou voit juste pendant que le bien-pensant reste aveugle afin éviter d’avoir peur.

L’avis du traqueur :

Les romans de Manzor ne sont jamais anodins.

Un coup de cœur du traqueur pour un thriller qui vous saisit dès la première ligne et vous garde entre ses serres jusqu’au dernier mot.

Une histoire complexe, imaginée par un auteur qui n’hésite jamais à aller jusqu’au bout de son projet.

Il crée un labyrinthe dans lequel on se retrouve coincé et entraîné dans des impasses et des fausses routes toutes plus retorses les unes que les autres.

Les crimes sont particulièrement odieux et effraient par leur déroulement et l’âge des victimes concernées.

L’auteur veut frapper d’effroi celui qui assiste impuissant aux exécutions.

Manzor s’évertue à penser une histoire sinueuse et tortueuse.

Quelquefois, on peut être un peu dérouté par des chapitres qui rebondissent d’un enquêteur à un autre.

L’auteur construit des personnages avec justesse et beaucoup d’humanité.

Ainsi, la capitaine Julie Fraysse, est présentée dans une situation de vie qui parle à tout le monde.

Son couple, usé par les années, se délite. Elle tente de régler les problèmes qui en résultent avec les moyens du bord.

Malgré tout, elle cloisonne sa vie et se plonge dans son travail qui la passionne.

Sa rencontre avec Novak Marrec la déstabilise et nous permet de découvrir un personnage étonnant et touchant.

Au fil des pages, on découvre l’homme et son passé.

Les deux personnages sont très différents, malgré tout ils arrivent à travailler ensemble.

Une alchimie se crée pendant qu’ils enquêtent.

Elle, agit avec réflexion et logique, lui, est plus dans l’instinct.

Son cerveau ne suit pas les mêmes règles que les autres.

Ses supputations et autres circonvolutions intellectuelles vont plus loin et plus vite.

Au fur et à mesure, on découvre son parcours de vie et on comprend mieux sa pathologie.

Un borderline qui traque un fou furieux.

Lui, utilise son cerveau reptilien, avec des fulgurances qui le rendent impulsif et parfois violent.

Julie Fraysse, elle, est plus réfléchie et organisée.

Ils se rapprochent de la vérité en prenant des chemins très différents.

Ils forment un couple d’enquêteurs atypiques qui nous change de l’ordinaire.

L’auteur s’amuse avec le lecteur et nous balade d’un endroit à un autre.

Comme un marionnettiste, il manie les ficelles de ses personnages dans une toile complexe, mais garde d’autres ficelles pour nous manipuler également.

Il nous garde à flux tendu jusqu’à la toute fin du roman.

    Coup de ♥♥♥♥♥ du traqueur

    A vif de René Manzor Éditions Calmann Levy Noir

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