Bons baisers de Mesménie de Fabienne Betting

Thomas Lagrange est serveur chez McDonald’s et cette vie ne lui plaît pas. Son supérieur lui fait vivre un enfer au quotidien juste parce qu’il le peut. Il se rend bien compte que tout cela n’a aucun sens. Mais il n’arrive pas à se décider pour se lancer dans autre chose.

En gros, il a les miquettes…

Toute cette situation absurde parce qu’il a lâché ses études en cours de route après avoir pris une veste par son premier amour de jeune homme.

Il suivait des cours à la Sorbonne et préparait un diplôme en littérature et civilisation russe. Tout se passait pour le mieux et puis patatra….

Il l’a rencontrée. Malislovna Jerona, appelé plus simplement Mali.

À travers l’obscurantisme de l’administration de l’éducation nationale, elle avait réussi à trouver une bourse universitaire pour enseigner des cours de sa langue natale à la Sorbonne. Le fait qu’elle soit une très belle femme a probablement facilité l’ouverture d’esprit de certains.

Dès qu’il a posé les yeux sur elle, c’était plié. Thomas est tombé raide dingue de la jeune femme au point de tout laisser tomber.

Il a délaissé ses cours pour suivre ses cours à elle. La langue ne l’intéressait que pour être à ses côtés.

Même d’un point de vue intellectuel, géographique, géopolitique ou historique, rien dans ce pays ne l’intéresse. C’est juste que cette femme le rendait dingue.

D’un point de vue géographique, la Mesménie est un pays créé par hasard, habité par une population à peine lettrée et dirigée par une dictature. Tout du moins, c’est comme cela que Mali lui présente son pays. On n’y vit pas, on y survit et on le fuit dès que l’on a une occasion.

Plein d’espoir et parce qu’il n’en pouvait plus, il a tenté sa chance et l’a invitée à boire un verre.

Boumbadaboum !

Il a pris une veste magistrale et son ego ne s’en est pas remis.

Résultat, pas de diplôme et du mal à rebondir. Plus un adolescent, mais pas encore un adulte.

Depuis trois ans, il vit avec Sandrine qu’il a rencontrée lors de sa thérapie chez son psy. C’est la secrétaire du cabinet. Sa gentillesse et son écoute l’ont rassuré.

Presque, naturellement, ils se sont rapprochés et ont emménagé ensemble.

Elle l’encourage à sortir de son marasme dans lequel il se complaît. Il est plus facile de se plaindre et d’accuser la vie que de se remettre en question et d’aller de l’avant.

Alors qu’il est sur le point de buller une nouvelle fois, il tombe par hasard sur une annonce d’emploi dans un journal.

« Recherche traducteur pour le Mesmène vers le Français, rémunération très bien »

Pour une fois, que cette langue peut lui servir à quelque chose et puis Mali garde encore une place importante dans son esprit, comme un léger voile opalescent qui passe devant ses yeux quand il les ferme. Comme une histoire qui n’est pas finie.

Il appelle le numéro de téléphone écrit dans l’annonce et prend rendez-vous.

Il organise sa journée afin d’éviter d’arriver en retard au MacDo histoire d’éviter des remontrances de son patron.

Sergeï, son rendez-vous, est un cliché sur pattes du mafieux de base. Il fiche la trouille, parle avec un accent à couper au couteau et donne l’impression de cacher ce qu’il est en train de faire.

Il tend à Thomas un manuscrit écrit à la main et bourré de ratures. C’est du Mesmène, aucun doute dessus.

Sergeï propose à Thomas deux mille euros pour le traduire. Sa seule obligation, traduire le manuscrit en trois semaines.

Pour la première fois depuis trois ans, Thomas prend une décision. Il donne sa démission de chez MacDo en disant ses quatre vérités à son ancien patron.

Il prend le manuscrit et se plonge dedans. Là, il se rend compte que son Mesmène est un peu rouillé et surtout que la traduction d’une histoire n’est pas aussi simple.

Il ressort les vieux cours de la fac, les leçons que lui avait données Mali.

Et le voilà qu’il s’attaque à l’histoire. Il ne comprend pas tout. Il y a beaucoup de noms, et surtout certains objets qu’il n’arrive pas à identifier. Si bien qu’il décide de prendre des libertés. Il modifie certains passages pour les rendre plus lisibles et plus compréhensibles, mais selon sa propre sensibilité.

Cela donne aussi une idée du travail incroyable des traducteurs et de leur importance dans le monde du livre.

Être capable de traduire un livre en respectant la patte de l’auteur sans changer le sens de ce qu’il a écrit.

Soit dit en passant, certains passages que Thomas traduit sont des grands moments de rigolade.

On sent que l’auteur s’est fait plaisir et nous aussi par la même occasion.

Le Mesmène est tellement différent de la langue française qu’il a parfois du mal à juste traduire certains passages.

Il travaille d’arrache-pied, mais il y arrive. Les trois semaines passent, le manuscrit est complètement traduit.

Il le rend et c’est là que tout part en vrille.

Par un concours de circonstances incroyables, le livre sort avec son nom comme auteur.

La loi de Murphy étant ce qu’elle est, c’est aussi le moment que choisit la Mesménie pour sortir de l’anonymat.

Il semble que le pays soit plein à craquer de terres rares. Patatras, tout le monde se réveille un matin et découvre ce pays riquiqui, perdu au milieu de pays continents qui voudraient bien remettre la main dessus.

Après un moment de flottement, toute la terre se renseigne sur ce pays. Un coup de focus colossal.

L’éditeur, flairant la bonne affaire, publie le roman dans la foulée sans vérifier quoi que ce soit. Le succès est immédiat. C’est aussi le moment où les problèmes commencent….

Avis du traqueur :

Un roman original et plein d’humour qui fait naître un léger sourire sur nos lèvres du début à la fin. Soyons honnêtes, parfois, on rigole bien.

C’est aussi une satire légère sur le monde de l’édition, une manière d’égratigner un monde clos qui a du mal à sortir des sentiers battus.

Personnellement, je pense qu’ils s’enterrent eux-mêmes en ne s’ouvrant pas aux réseaux sociaux. Certes, ils reçoivent des quantités astronomiques de romans et essais en tous genres qu’ils n’ont pas le temps matériel de lire, mais ils pourraient se servir de tous les passionnés qui eux les lisent.

En restant sur leurs principes guindés, les boîtes d’éditions laissent les géants d’internet prendre leurs places. Dommage pour eux et pour nous !

C’est aussi une satire du cirque médiatique capable de s’emballer pour la moindre nouveauté et de prendre fait et cause à la moindre étincelle histoire de remplir des émissions moyennes et autres articles de journaux.

Ça, c’est cadeaux !

Là où l’auteure est bluffante tient dans le fait qu’elle construit une histoire sur un pays qui n’existe pas. Elle crée tout de A à Z en partant de rien.

Elle invente une histoire, une culture et surtout la construction d’un pays. Qui plus est, elle se sert de l’actualité pour le faire émerger face au monde. Et ça passe parfaitement.

Elle se sert des histoires des nations, des guerres dans les différents pays autours pour le rendre crédible. Bravo l’artiste, il fallait oser !

Bien que l’auteur taquine le jeune homme qui hésite à grandir, ce roman est aussi un parcours initiatique. Thomas remet tout à plat. Il termine une histoire, va jusqu’au bout pour en démarrer une nouvelle.

Il clôt une partie de sa vie pour avancer dans une nouvelle aventure. C’est son passage pour devenir adulte.

Le voyage en Mesménie offre des grands moments de rigolade qui vont vous faire pouffer. L’auteur nous propose des moments hilarants.

Les personnages ne sont pas toujours sympathiques parce que autocentrés. Malgré tout, Fabienne Betting arrive à nous garder en main. On a envie de connaître la suite et ce que va devenir le héros principal.

La lecture du livre est plutôt facile et donne le sourire. Franchement, parfois, cela fait du bien !

À lire donc, et à dévorer vite, comme des chouquettes.

     Bons baisers de Mesménie de Fabienne Betting Éditions J’ai lu

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