La nature des choses de Charlotte Wood

Dix femmes sont enlevées.

Arrachées à leurs vies sans savoir pourquoi.

Elles émergent doucement des brumes cotonneuses des drogues qui les ont plongées dans l’oubli et maintenues hors d’état de nuire.

Elles sont immédiatement rasées.

Elles doivent quitter leurs habits, derniers liens qui les relient encore à leur ancienne vie. Elles enfilent une espèce de tenue étrange.

On les déshumanise.

Elles se ressemblent toutes, la boule à zéro.

Habillées des mêmes tenues vestimentaires, reliées à une laisse…

Pour les garder, trois geôliers : deux hommes et une femme. L’un d’entre eux est aussi sadique que violent.

Elles parcourent, à marche forcée, le chemin qui les sépare des cabanes rudimentaires où elles dormiront désormais.

Elles ne savent pas ce qu’elles font ici, à part qu’on les a enlevées à leur vie, droguées et qu’elles se retrouvent aujourd’hui au beau milieu du désert australien.

Tout autour du camp, une gigantesque barrière électrifiée avec des barbelés qui les encerclent.

Même si elles arrivent à tromper leurs gardes, elles ne pourraient pas escalader la barrière et s’enfuir.

De toute façon, s’enfuir où ?

Le terrain est hostile à tout ce qui vit.

À part les lapins, rien de vivant ne résiste à cette chaleur effroyable qui écrase tout.

Les prisonnières passent leurs journées à faire une route en débroussaillant et en déplaçant d’énormes blocs de béton.

Elles travaillent comme des forçats.

Les jours passent, les semaines, les mois.

Le décompte des jours est rendu difficile par leur malnutrition et la chaleur qui les terrassent.

Cependant, petit à petit, les corps changent, s’adaptent. Les plaies cicatrisent.

Les muscles se durcissent, les peaux se tannent sous le soleil brûlant.

Aucune ne veut se laisser mourir.

Certaines commencent à comprendre ce qu’elles font là (nous aussi au passage). Quelques-unes espèrent pendant que d’autres acceptent et décident d’avancer.

Des personnalités émergent. Elles se transcendent, muent pour devenir des survivantes.

Elles sont dix, ils ne sont que trois à les garder.

Les rapports de force changent.

Le terrain aride et agressif semble avoir changé ces femmes. Leur survie dans ce milieu les rend plus dures, plus fortes.

Quand l’instinct de survie prend le dessus sur l’humain, tout devient possible.

Leurs repaires changent. Le raisonnable devient abstrait ; seule la survie compte.

Tout peut arriver….

Vous ne verrez plus les lapins de la même manière !

Avis du traqueur :

Un livre qui va cliver par sa situation de base et ces relations entre individus.

Une violence gratuite qui percute, des raisons d’emprisonnement qui peuvent paraître abstraites et cette fin étrange, presque frustrante…

J’ai aimé la force qui se dégage de ce livre alors, à votre tour, lisez-le et on en parle.

Ce type de livre fait toujours bondir.

Une situation aberrante, des personnages qui deviennent primaires.

Il y a toujours ceux pour dire que l’histoire ne sert à rien.

Je dirais juste ceci, certains aimeront, d’autres pas et c’est très bien ainsi.

    La nature des choses de Charlotte Wood Éditions du Masque

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