Tantzor de Paul-Loup Sulitzer

On l’appelle Tantzor, le danseur.

Comme un équilibriste sur un fil tendu au milieu de deux pitons rocheux, il marche, ou plutôt, il danse et avance en même temps.

Il danse et avance tête baissée, bien décidé à faire fortune sans enfreindre aucune loi.

Il veut bâtir une fortune dans un pays qui a pour philosophie que la fortune individuelle est une aberration.

En même temps, tout le monde semble vouloir qu’il parte pour Moscou pour faire des sous.

Tous n’arrêtent pas de lui répéter qu’il est plus malin qu’un renard et suffisamment fou pour imaginer des stratagèmes pour gagner de l’argent.

En même temps, il semble capable. Le temps qu’il a passé pendant son service militaire, il a su créer une boîte de nuit tout ce qui a de plus légale et en a ouvert une seconde.

Il semblait parti pour faire fortune, mais la fin de son service militaire a stoppé net son ascension.

Maintenant, il va là où on lui dit d’aller. Il est électricien.

Chic, il sait faire, mais il ne peut pas s’empêcher de regarder ce qui se trouve autour de lui.

Il scrute, observe et analyse tout ce qu’il voit. Pour faire sortir tout ce qu’il retient, il joue au football et part dans des délires avec ses potes.

Il a vingt ans et veut vivre une vie plus sympa et si possible profiter.

Pourtant, il s’ennuie profondément. Il a très envie de se lancer, mais hésite, ne sachant pas par où commencer dans un pays qui s’écroule de toutes parts.

Il a besoin d’un petit coup de pied aux fesses pour se décider.

Il débarque en Yakoutie pour régler un problème électrique sur les renards argentés. Toute une histoire…

En même temps, plus au nord, ce n’est pas possible. Il pousse des glaçons sur les arbres.

C’est là qu’ils essaient de le tuer pour la première fois.

Il survit parce que le matériel est pourri, mais il sent qu’ils vont recommencer.

Ils poursuivent leur volonté de le descendre à Tbilissi et à Moscou. Le sang coule, le filet se ressert, Tantzor commence sa mue.

Il rencontre son Tchétchène de compète. Il s’appelle Magomet Charipov, c’est la première personne qu’il voit depuis qu’il est chassé.

Ce qui arrive est probablement une suite d’une vieille histoire avec sa mère.

Pourtant, il n’est personne. Il respecte les lois même s’il se fiche complètement de qui dirige quoi. Il n’est rien et ne menace personne.

Mais un rien qui réfléchit dans un système sur le point de s’effondrer peut s’avérer dangereux.

Il sait penser par lui-même et surtout, il sait comment obtenir ce qu’il désire.

Il a des idées de son époque et de son âge, comme les boîtes de nuit. Il sait les transformer.

Un jeune Géorgien qui veut juste vivre sa vie sans pour autant suivre la ligne prédéfinie par le Plan que tout le monde suit par peur de se faire rayer de la carte.

Des usines qui produisent des choses qui ne se vendent pas et que l’on stocke par tonnes.

Et si on essayait de les vendre à d’autres. Par la même occasion, si on modifiait d’un rien le moule qui plie, on pourrait en faire des choses vendables.

Tout le monde y gagnerait, y compris les finances du pays qui en a grandement besoin. Un système gagnant-gagnant.

Un gamin qui sent que c’est le moment et qui décide de s’envoler.

La technologie existe pour lui donner un coup de main.

Il y arrive et tout s’enchaîne. Cela peut donner des idées à d’autres.

Mais alors, cela voudrait dire qu’on leur aurait menti.

Certaines choses sont réalisables, voire bénéfiques. Il peut faire des émules, devenir contagieux, donc dangereux.

Les idées subversives ont tendance à se propager.

Contrôler une personne est une chose, contrôler un pays en est une autre.

Quand le monde change, ceux qui restent sur place meurent avec leur système. Ce qui arrive les terrifie et ils ont raison.

Le peuple peut demander des comptes.

Les changements ont permis à Tantzor de rester en vie, il devient une cible à abattre.

Ses idées sont brillantes et il sait s’entourer.

D’idées simples, il les transforme en réalité tout en restant dans la légalité. Pas un rouble qui ne vienne d’une affaire louche.

Il réussit, mais surtout trouve la possibilité de frapper celui qui désire sa perte.

Sa fortune va juste lui permettre d’aller plus vite.

Le danseur a fait de Moscou sa ville.

Grâce à Vassia, il a découvert cette ville qu’il a faite sienne. Il a appris à l’aimer et à la connaître comme peu la connaissent.

Il l’aime d’un amour inconditionnel comme Marina, la petite-fille du roi des voleurs.

Avis du traqueur :

Dans mon parcours de lecteur, ce livre fait partie de ceux dans lequel j’aime me replonger de temps à autre.

J’en ressors toujours avec cette impression de pouvoir tenter des choses, d’essayer pour voir, des fois que cela marche.

Un peu comme d’écouter la chanson de Rocky qui donne envie de courir dans des escaliers.

Sulitzer m’a fait découvrir un pays gigantesque à travers plusieurs régions, puis une capitale pleine d’histoire.

Le principe de jouer sur le système et les pénuries, avec des usines qui produisent sans objectif commercial était brillant.

L’idée même de se servir du Plan qui demande aux usines de produire certaines choses inutiles ou dépassées pour les transformer et les vendre sans tout révolutionner ni punir qui que ce soit.

Le meilleur exemple commercial, et applicable, partout, est cette histoire de faucilles et de marteaux. Savoureux et intelligent à la fois.

Imaginer une manière de faire fortune dans un pays de contrainte qui peut vous faire disparaître sans que personne ne s’en rende compte.

Comme toujours dans les romans de Sulitzer, il y a ces personnages savoureux.

Son Tchétchène s’appelle Magomet Charipov qu’il appelle Pacha, Gogui qui a une allure atypique, mais qui se révèle au fil des pages.

On a l’ancien sportif de haut vol qui se transforme en chauffeur de cars qui n’existent pas, Edgar Nourpeïsov, deux mètres pour cent cinquante kilogrammes d’os et de muscles.

On déguste le roi des voleurs Vassia qui nous sert de guide et de conteur dans Moscou.

Reste Marina, la femme qui le rend dingue et qui lui a fait les poches à sa descente du train.

Les romans de Paul-Loup Sulitzer, ce ne sont pas juste de la finance ou de l’action.

C’est toute une aventure, des voyages, des expéditions, de l’action et des rebondissements.

Il installe tout un univers que nous reconnaissons et nous plonge dans un maelström dont on ressort tout retourné.

Je n’ai pas lu tous ses romans. Ceux que j’ai aimés, je les ai lus, relus et re-relus toujours avec le même entrain et toujours avec cette impression de prendre un train en marche qui m’entraîne vers des histoires pleines de choses qui m’exaltent et me font du bien.

Un bon roman est un bon roman, le reste, c’est de la flûte !

Mangez des chouquettes sans modération !

Tantzor de Paul-Loup Sulitzer

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Du même auteur et de deux autres auteurs proches de la finance et du thriller western :

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