Un bref désir d’éternité de Didier Le Pêcheur

L’histoire se déroule à Paris en 1892.

Paris est frappé par une série d’attentats anarchistes.

La police est sur les dents et recherche partout un dénommé Ravachol.

Jules Lhérot est un garçon de café.

Par principe, il entend un peu de tout, mais surtout, il y côtoie des personnes qui viennent de tous les horizons.

Les propos d’un homme l’avaient alerté. Le raffut de la presse et de tout ce qui arrive a fait le reste.

Un peu, par hasard, il reconnaît Ravachol parmi ses clients.

Cela a fait tilt !

Il court prévenir la police.

Son arrestation est spectaculaire mais réussie.

Lhérot est un gentil garçon un peu naïf, il laisse la presse s’emparer de son histoire.

Le papier se vent bien, la police redore son blason et tout le monde est content.

L’échoppe ne désemplit pas. Les curieux, les passants, tout le monde désirent voir et entendre la personne qui a aidé à l’arrestation du fameux anarchiste.

Les premiers problèmes arrivent ainsi que les menaces.

Ravachol n’était pas le seul anarchiste.

Coupez la tête d’une hydre, il en pousse d’autres.

Alors qu’il est devenu un héros, c’est aussi une cible à abattre.

Les conséquences sont dramatiques pour ses proches.

Pour s’en sortir, Jules prend une décision radicale, il s’engage dans la police.

Juste avant de s’engager, Jules va la croiser.

Elle le sauve de sa dépression et l’oblige à sortir à l’air libre.

Il en tombe immédiatement amoureux et elle en ressent une impression prenante.

Zélie est issue d’une famille d’ouvriers. Sa mère est partie et l’a laissée seule avec son père.

À quinze ans, elle s’est mise à la colle avec un homme appelé le Matelot, c’est un Apache.

Cernée d’une vie de misère et de brimades, elle répond rêves et feu.

Elle veut des plaisirs volés à la vie. Avant tout, elle veut pouvoir choisir.

Malgré elle, elle déclenche une guerre qui va ravager Paris.

Jules et Zélie veulent vivre, mais savent que leur rapprochement est impossible.

Il est policier, elle est prostituée.

Avis du traqueur :

Je suis tombé sur ce roman et sur l’auteur en question au Salon du livre de Poche à Saint Maur.

La couverture de son livre me faisait de l’œil, le pitch m’intriguait.

Comme à chaque fois lors des salons, on a des risques de dérapage dans l’achat.

J’ai attendu de faire le tour du salon pour le prendre au tout dernier moment.

Par chance, c’est aussi un moment où j’ai pu parler avec l’auteur. Il m’a donné son regard sur sa manière d’aborder les sujets qu’il traite dans son livre ainsi que sa vision sur ce qu’était les Apaches.

Ma génération écoutait le chanteur Renaud, il y fait référence dans ses chansons.

Les Apaches étaient les bandes qui régnaient sur un Paris divisé en multiples quartiers.

Des villages qui ne se mélangeaient pas et qui avaient tendance à se battre de manière ultra violente.

L’histoire de Jules Lherot et de la jeune Zélie est passionnante.

On redécouvre un Paris plein de vie. C’est aussi un Paris qui n’est pas simple.

À ceux, qui vous disent : avant, c’était mieux, je dis, eh les gars, lisez votre histoire parce que franchement avant ce n’était pas mieux.

Les Apaches régnaient sur toute une partie de la ville laissée libre de droits par l’état.

On gardait ce que l’on pouvait garder, le reste restait au tout-venant.

C’est aussi ce qui faisait la puissance des Apaches.

On ne vivait pas vieux, alors autant en profiter.

Épargner ? Pour quoi faire !

Entre les maladies, les coups de couteau et les pandores autant profiter.

Saisir toutes les occasions de faire quelques sous et les dépenser à faire la fête.

À travers Jules qui devient un héros un peu par hasard, le tout Paris défile.

On observe ceux qui ont le pouvoir et les manières qu’ils utilisent pour diriger.

Avec travers Zélie, ce sont toutes les femmes que l’on rencontre.

Elle, c’est juste qu’elle a décidé d’avoir une vie.

Son père la veut à ses côtés parce que c’est là qu’une femme doit être. Avec son père ou son mari.

On lui a appris comme ça.

Il l’aime sa fille, c’est juste que ça non plus, il ne sait pas comment lui montrer.

Qui plus est, il ne sait pas faire grand-chose quand elle n’est pas là.

Il a peur et dans ces cas-là, on ne réfléchit pas trop.

On reproduit un schéma que l’on connaît.

Il l’emmène chez les sœurs pour la mater.

Zélie, elle, n’a rien à vendre.

Pour trouver des moyens, elle est prête à tout.

Elle sait juste reconnaître le regard des hommes qui a changé quand son corps a évolué.

Elle sait qu’avec ces regards, elle pourra en tirer du profit.

Elle n’a que ce corps à vendre, alors autant l’utiliser à bon escient.

Elle veut vivre des choses, plus exactement, elle veut ressentir le frisson et vivre tout court.

À la vie de femme d’intérieur, puis de réceptacle à moutards que l’on a pensé pour elle, elle choisit la folie.

Son passage chez les sœurs, c’est surtout une école de la vie.

Elle y rencontre des filles comme elle qui sont plus expérimentées.

Elles vont lui apprendre les filouteries pour survivre dehors.

Jules, de son côté, nous met aux côtés des policiers. Ils rencontrent des politiques et tout un tas de monde.

Un mélange des genres qui évolue dans un univers feutré où les apparences sont tout.

Déjà les premières guerres des polices….

Là encore, on voit que les femmes, même argentées n’ont rien.

Les hommes prennent tout et ne sont pas prêts à partager.

On maltraite la moitié de notre population et on laisse sciemment la populace dans une misère brutale et tragique.

Les hommes captent l’héritage de leurs femmes pour entretenir des maîtresses et vont dans les maisons closes en ramenant des maladies qu’ils transmettent à leurs épouses.

Aucun recours possible pour elles. Certaines franchissent le pas.

Comme Zélie, elles n’ont que leur corps. Quitte à l’utiliser, autant le faire correctement.

Un roman historique plein de rebondissements, de découvertes et surtout plein de panache.

On redécouvre un Paris explosif !

Les anarchistes travaillent à la dynamite.

« Toute société a les criminels qu’elle mérite.»

À côté de cela, la vie continue.

Le monde se croise, des rapprochements insolites ont lieu et permettent des échanges savoureux.

Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, Zélie sauve Jules qui lui en sera éternellement reconnaissant.

Même en passant du côté de la loi, il lui restera redevable de ce jour où elle lui sauva la vie.

    Un bref désir d’éternité de Didier Le Pêcheur Éditions JC Lattès

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